lundi, décembre 27, 2004

Et soudain... 

Un jour, alors que j’avais 17 ans et des poussières, j’ai pris conscience de la possibilité de l’homosexualité pour mon propre compte. Ce n’est pas venu d’un coup, comme une illumination. Je me demande d’ailleurs encore comment j’avais fait pour ne pas y penser plus tôt. Quelle andouille, mais quelle andouille ! Je me suis donc retrouvée sur un chat lesbien (comprendre un lieu de discussion sur internet et non pas le petit animal à fourrure) comme par enchantement. Je crois que c’est là que je me suis dit à peu près ça : « Ma fille, regarde donc, tu n’es pas obligée d’aimer les hommes, il y a les femmes aussi ! ». Je venais enfin de comprendre des années de ma vie passée. Je suis devenue mieux dans ma peau, je me sentais plus jolie. Cet état de fait expliquait aussi pourquoi je venais de repousser les avances de mon voisin, alors que s’il ne s’était pas déclaré, j’en aurais été malade. J’avais bien aimé tout le côté séduction, les moments passés ensemble, les punitions collectives en cours d’anglais, les caresses sur le joue mais dès que les choses s’étaient imposées d’elles même, il voulait que je sorte avec lui, je l’avais trouvé repoussant, je ne pouvais m’imaginer dans ses bras…
A partir de ce moment là, tout a changé. Ma meilleure amie de l’époque l’avait peut-être pressenti en me disant « Tu sais, tu es très belle »… Mais j’avais quand même trouvé ça bizarre.
Mais je me demande pourtant quelle idée, quel sentiment encore du domaine de l’inconscient m’a poussée un jour à aller discuter avec des gouines.

Par ailleurs, je tiens à remercier publiquement mes parents pour avoir acheté un ordinateur et m’avoir permis d’accéder aussi plus vite à ma véritable sexualité. Ce qui aura fait dire à ma mère quelques mois plus tard qu’ « elle n’aurait jamais du amener internet à la maison ». Bien sur maman, ça vient d’internet…


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